Quand un stage devient un voyage …

Témoignage d'Audric, BTSA Aqua

C’est dans le cadre de ma formation en BTSA Aquaculture que j’ai réalisé un stage de 8 semaines dans une ferme aquacole au Maroc. Aqua M’Diq est une entreprise qui produit du bar, un poisson marin de grande renommée gastronomique. Elle est aujourd’hui la seule entreprise à produire cette espèce au Maroc.

Le Maroc connaît aujourd’hui une véritable croissance de son secteur aquacole, sous la tutelle du « Plan Halieutis » engagé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. C’est l’entreprise française Aquastream, située à Lorient (Morbihan) qui est le principal actionnaire du groupe Aqua M’Diq. Ayant effectué un stage au sein de cette entreprise, j’ai pu décrocher mon premier stage à l’étranger !

 

Pourquoi l’étranger ?

Convaincu des bienfaits du voyage, j’ai profité du contexte scolaire pour m’envoler vers d’autres horizons. 16 semaines de stages étalées sur deux années de formation, dont 8 semaines dans une entreprise dédiée à la réalisation de notre rapport de stage, il n’en fallait pas plus pour me décider à faire mes bagages. Se présente alors l’opportunité de m’envoler pour le Maroc. Une entreprise située dans la province de Chefchaouen (au nord du pays), leader de la production de bar au Maroc, avec un Plan Halieutis qui marque la volonté nationale d’un pays à développer le secteur aquacole (ce qui n’est pas le cas dans le nôtre …), le tout dans un pays à l’hospitalité renommée … idyllique !

 

Conventions de stages signées, billets d’avions réservés, il fallait à présent établir les différentes démarches administratives. Avec l’aide précieuse d’Angèle (Coordinatrice de la Coopération Internationale de l’ISETA), nous bouclons les différents dossiers visant à sécuriser mon voyage, et accéder aux bourses régionale et ministérielle. Je ne pensais pas que les institutions pouvaient se montrer aussi généreuses … Il est bon de savoir qu’il est plus avantageux financièrement de partir dans un pays situé à quelques heures d’avions plutôt que de traverser toute la France, par l’intermédiaire de moyens de transports onéreux, et où le coût de la vie est beaucoup plus important. Bref, moins de soucis pour financer mon voyage au Maroc qu’en Bretagne !

C’est ainsi que débute mon premier périple hors des terres gauloises. Décollage de Marseille en un matin de printemps qui ressemble à un hiver, destination Tanger, où le soleil ne se fait pas désirer. A peine arrivé au Maroc, une voisine d’avion me fait une belle démonstration de l’hospitalité marocaine. Moi, ne parlant pas un mot de Darija (dialecte le plus couramment parlé au Maroc), celle-ci s’évertue à négocier mon taxi qui doit m’acheminer jusqu’à mon lieu de stage. Arrivé à bon port, je remercie Hermès d’avoir mis cette femme sur mon chemin qui m’épargna de payer le prix double du coût réel de mon transport. Je compris également qu’il fallait que j’apprenne au plus vite la base de la communication pour ne pas passer pour un « touriste » : les nombres et chiffres qui composent ce langage.

 

Mes maîtres de stages, français, m’accueillirent avec plus de gentillesse que nécessaire, et me donnèrent le gîte le temps de trouver un logement. Décidé à vivre l’expérience de mon voyage à 100%, j’ai sitôt demandé aux ouvriers de mon lieu de stage si l’un d’entre eux accepterait de m’héberger contre une indemnisation. Par conviction personnelle, je préférais vivre « chez l’habitant ».

 

C’est Youssef, livreur de l’entreprise qui se proposa et m’hébergea durant toute ma première période de stage (4 semaines). J’ai pu vivre, grâce à lui et sa famille, 4 merveilleuses semaines au sein d’une culture magnifique qu’est la leur. Leur maison étant située à quelques kilomètres de l’entreprise, le vélo était devenu mon moyen de transport de prédilection.

 

M’occupant de mes poissons en journée, profitant de mon environnement hors de mes heures de travail, j’ai ainsi composé mes journées pendant tout le mois de juin 2013. Les week ends me permettaient quelques excursions dans les villages voisins, et de belles rencontres à la clé : De la médina de Tétouan, au village de Chefchaouen, la « ville bleue » perdu dans les montagnes du Riff, en passant par le barrage de l’Oued Smir, j’ai ainsi pu découvrir de nombreux paysages, et des habitants, qui pour certains devinrent des amis.

 

J’ai ainsi pu m’épanouir dans ma profession, et profiter de mon voyage pendant ces 4 premières semaines de stages. J’ai effectué ma deuxième période de stage de 4 semaines en novembre, accompagné d’un ami de classe désirant vivre cette belle expérience. Devant tout de même réaliser un rapport de stage pour l’obtention de mon BTSA, ma deuxième période de stage fut quelque peu plus studieuse, mais n’empêcha pas quelques belles balades.

Je ne peux que vivement conseiller cette expérience à quiconque désire vivre une expérience professionnelle et humaine forte. Sortez des sentiers battus, un voyage, c’est aussi savoir casser ses habitudes, être sans cesse bousculé, se remettre en question perpétuellement. J’ai pu grâce à ce stage, acquérir d’autres points de vue sur ma situation professionnelle, mais aussi et surtout personnelle. La scolarité et tous les avantages du stage offrent l’opportunité rêvée de s’évader et vivre de telles expériences, qu’il serait regrettable de ne pas saisir.

 

Je remercie ainsi tous ceux qui ont contribué à la réalisation de mon stage, ou plutôt, mon voyage …

 

                                                                                                                          Audric Touchet.