Un plaidoyer pour l’aquaculture…

Ce n’est pas si fréquent alors l’équipe pédagogique de l’ISETA souhaite vous faire partager cet article.

 

L’élevage d’animaux terrestres et d’animaux aquatiques : une différence de perception préjudiciable

Par James Wright  Rédacteur en chef de  Seafood Source (revue Web internationale des expositions Seefood     Publié le 13 novembre 2014 – Extraits -

Durant le séminaire de ce mardi sur « le Rôle proéminent de l’aquaculture pour nourrir une population  mondiale en croissance », les participants ont vu quelques statistiques qui devraient inciter les consommateurs à voir d’une façon plus positive le poisson d’élevage.

 

Michael Tlusty, Directeur des sciences de la durabilité pour les océans à l’aquarium de Nouvelle Angleterre et l’université du Massachusetts de Boston, exposa le constat que le poisson d’élevage est beaucoup plus efficient pour convertir l’aliment en protéines animales consommables. Selon les recherches de Tlusty, une moyenne de 1.1 kg d’aliment est nécessaire pour produire un kg de masse corporelle de poisson d’élevage dans une ferme (il a utilisé l’exemple du saumon). Cette quantité est de 1.7 kg pour le poulet de chair, 2.9 kg pour le porc et un stupéfiant 6.8 kg pour le bœuf.

 

Mettez l’émission de gaz à effet de serre dans  l’équation quand vous comparez les performances des productions de protéines à partir d’élevages aquatiques et terrestres te le poisson devient encore une meilleure option. La production de bœuf émet 7 fois plus de dioxyde de carbone dans l’environnement que ne le fait le saumon, quatre fois plus d’azote et 2.5 fois plus de phosphore. Dans ce domaine  le poisson est aussi plus performant que le poulet ou le porc.

Le poisson est simplement le meilleur choix pour faire face à la demande croissante de protéines de la population mondiale en très forte croissance et qui atteindra 9 milliards d’individus en 2050. L’aquaculture comme nous le savons n’est pas non plus sans problèmes – maladies, une quantité limitée de farine de poissons, le besoin en capitaux et l’éducation du consommateur sont des obstacles objectifs – mais il représente beaucoup plus d’espoirs d’un futur durable. D’une certaine manière, l’aquaculture semble faire face à un examen beaucoup plus minutieux que l’élevage du bétail de la part des lobbies environnementaux et moins d’acceptation de la part des consommateurs. Pourquoi cet écart de traitement ?

 

C’est la première question que j’ai posé à Neil Sims, co fondateur de Kampachi Farms. Sims qui a fondé Kona Blue Water Farms  plus de dix ans auparavant a listé nombre de raisons dont l’une est largement enracinée dans le mythe.

« Le développement de l’aquaculture est survenu à un moment de l’histoire où nous avions plus de concentrations d’entreprises, beaucoup plus de commerce, la mondialisation et cela a pris de l’ampleur plus rapidement que l’agriculture terrestre. L’image que les gens ont de l’agriculture terrestre c’est la ferme familiale. C’est un mythe, la plupart de l’alimentation actuelle est produite par de grosses firmes d’agribusiness. Mais les gens se raccrochent toujours à ce mythe » disait Sims. « L’aquaculture a du passer rapidement de la taille artisanale initiale à de grosses compagnies qui sont capables d’innovations et d’efficacité. Ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir de grosses compagnies impliquées car elles peuvent investir plus en R&D et dans des programmes de certification. Ce n’est pas une mauvaise chose mais c’est perçu comme cela. »

“L’aquaculture est vue avec une lentille différente à travers laquelle elle est évaluée » a dit Tlusty, ajoutant que, généralement dans le système alimentaire, « tout tend à s’améliorer »

 

Toute production alimentaire impacte l’environnement, c’est le vrai problème. Le challenge pour faire face au système alimentaire mondial est d’augmenter le production sans causer plus de mal à l’environnement – c’est la mantra de l’aquaculture d’aujourd’hui. Sims croit que cultiver les océans est la meilleure solution. Pas seulement pour l’environnement mais pour notre santé aussi.

 

Nous devrons manger plus d’aliments de la mer. Si nous avons 3 milliards de gens qui atteignent la classe moyenne entre maintenant et 2050, si ces gens mangent du bœuf et du porc, la planète aura de gros soucis. Cette classe moyenne devra  manger des produits de la mer. L’aquaculture est le seul moyen que nous pouvons déployer pour rejoindre cette demande grandissante.