Les BTS Forêt en Bulgarie ... suite et fin

 

Lundi 12 octobre 2015

 

En Bulgarie, une page qui se referme comme elle a commencé pour les BTS Forêts, entre sylviculture, histoire et culture ...

 

Cette fois, ça y est, une page se tourne et le voyage est terminé. Après dix jours à découvrir la Bulgarie au travers son histoire, sa forêt et sa culture, voici la fin de ce beau séjour. Quelques heures de bus pour rejoindre Sofia, deux avions, un passage par Francfort et un bus pour arriver à Poisy et cette fois, ça y est, c’est le retour à l’Iseta.

 

Derrière ce retour, un peu de fatigue certes, une éprouvante journée de voyage mais combien de souvenirs, combien de bons moments vécus là-bas… Toujours dans la bonne humeur, toujours dans le respect, toujours dans la découverte, il n’y a que du positif à retirer de cette belle expérience et finalement un joli remerciement pour les enseignants chargés d’organiser ce voyage.

 

Les deux derniers jours ont d’ailleurs été à l’image de toute cette tournée, entre découverte forestière et découverte culturelle. D’abord, les étudiants ont pu appréhender deux gestions différentes de la sylve Bulgare, celle du chêne en zone de plaine qui est traité principalement en futaie régulière ou en conversion de taillis. Celle du hêtre plus haut en altitude qui était jusqu’alors traité en futaie régulière par parquet mais dont la taille des zones mises en régénération diminue pour se rapprocher de bouquet voir d’une futaie plus irrégulière. Quant à la partie culturelle, elle s’est terminée sur la visite d’une forteresse datant du 1er empire Bulgare (12ème au 14ème siècle) à Veliko-Tarnovo et par une dernière découverte d’une église orthodoxe recouverte d’icônes, celle d’Arbanassi.

Deux parties distinctes qu’on pourrait croire aux antipodes mais qui, pourtant, se sont croisées tout au long de la tournée, à l’image de la propriété forestière qui appartient à plus de 90% à l’état, héritage de l’histoire et des nationalisations sous l’ex-URSS.

 

Au final, cette tournée aura donc apportée aux étudiants tout ce que nous attendions : une découverte d’autres pratiques forestières, une ouverture au monde qui les entoure, une compréhension de l’histoire européenne, une appréhension du chemin qu’il reste à parcourir pour un monde plus équitable et sans conflit, de bons moments de convivialité et de partage, des discussions intenses et parfois philosophiques et tout ce que nous n’avons pas su…

 

Quant à la conclusion de tout cela, elle ne peut se faire que sous la forme de remerciement. Merci à Hervé Nemoz-Rajot sans qui tout cela n’aurait même pas pu être envisagé. Merci à Anna Petrakieva et à Nasko Iliev qui nous ont tant aidés là-bas à organiser notre séjour. Merci à François pour l’organisation et la gestion de la tournée. Merci à nos deux traductrices bulgares et à notre chauffeur là-bas qui nous ont offert des discussions très enrichissantes, qui nous ont accompagnés partout et malgré des conditions difficiles (pluie…) et qui ont largement contribué à la réussite de ce voyage. Merci encore à tous ces forestiers, professeur, directeur, et homme de terrain qui nous ont accueillis et qui nous ont fait partagés leur expérience et leur vision de la forêt. Merci enfin à Paolo et Emmanuel, deux professionnels de la foresterie qui nous ont accompagné tout le séjour et qui nous ont apporté beaucoup, tant sur le plan technique que sur le plan personnel.

 

Si ce fut pour tous une expérience unique, c’est à vous que les étudiants le doivent…

 

 

 

Samedi 10 octobre 2015

 

Les BTS forêt en Bulgarie et en 3D...

 

Dépaysement,  découverte et déconstruction : 3D, trois dimensions de la tournée forestière des BTSA Gestion forestière en Bulgarie mais aussi 3D pour ce moment improbable de visionnage d'un film documentaire sur une cérémonie dans un village de 53 habitants du parc national de Strandja,  village qui se meurt de la déprise agricole...

 

Alors dépaysement parce qu'il continue, chaque jour, avec une escapade à la limite de la frontière turc, un arrêt du bus par la police pour vérifier qu’on ne transportait pas de migrant, un passage sur les bords de la mer noire et une découverte des villes de Bourgas et de Nessebar, des images toujours aussi improbables de charrettes circulant dans les villages, de petites superettes de village, des affiches des avis de décès placardées partout...

 

Alors découvertes parce qu'elles continuent aussi, autour de la pratique forestière et de la sylviculture, dans ces peuplements découverts de hêtre orientale où les forestiers essaient de redonner de la stabilité à la sylve en détourant les plus belles tiges, dans ces peuplements de pins noirs que l’on veut transformer en forêt feuillue, dans ces forêts alluviales coupées d’un fonctionnement hydraulique normal des rivières et qui ne possèdent que des bois durs, et particulièrement du frêne à feuilles étroites.

 

Déconstruction enfin car pour appréhender tout cela, il faut d’abord faire table rase de nos connaissances françaises et de notre esprit français pour comprendre les fonctionnements locaux. Comprendre ainsi que, si une grande partie de la forêt appartient à l’état, c’est parce que tout avait été confisqué sous le joug soviétique ; comprendre que derrière une coupure entre les personnes gérant les forêts et celles qui gèrent les forêts alluviales, il y a toute une histoire et peu de connaissances qui font que chacun travaille s’en s’intéresser à l’autre. Comprendre encore par exemple que derrière des forêts très régulières, il y a une histoire très récente de forêts ruinées il n’y a pas si longtemps et simplement les débuts d’une réflexion sylvicole plus aboutie... Comprendre enfin que les essences locales ne sont pas forcément nos essences françaises, qu’elles peuvent avoir une autre écologie, d’autres exigences biologiques et sylvicoles…

 

Donc oui, la tournée continue et elle s’inscrit comme dans ce petit village dans ces 3 dimensions. Se déconstruire pour mieux réapprendre, s’interroger pour mieux comprendre, partir découvrir pour mieux appréhender les différences et apprendre la tolérance ou encore se laisser aller au dépaysement et à la diversité de l’ailleurs, n’est-ce pas là le but d’une tournée à l’étranger ? C’est ce que nous avons en tête, chaque fois, en montant de tels projets à l’Iseta, c’est ce que les élèves vivent ici réellement, et c’est ce que nous pouvons transmettre aux jeunes et bien au-delà de simples connaissances techniques.

 

Sylvestre VERNIER pour le BTSA Gestion Forestière Temps Plein