Juste la magie de l’instant

 

 

Il y a quelques années, Ushuaia Nature et son célèbre animateur avait pour devise « de l’émerveillement naît le respect ». Il y a trois ans, un explorateur, Christian Clot, réalisant un projet intitulé 4fois30 qui le voyait passer 30 jours dans 4 des milieux les plus hostiles de la planète en autonomie (désert d’Iran, Patagonie Chilienne, Amazonie Brésilienne, Sibérie orientale) nous rappelait qu’en cas de difficultés extrêmes, la seule chose qui rattache l’homme à la vie est l’émerveillement…

On se souviendra aussi que les premiers protecteurs de la nature furent les artistes, protégeant la biodiversité d’abord pour son esthétisme, comme en forêt de Fontainebleau avec l’école de peinture de Barbizon.

 

Alors, lorsque lors d’un TP en forêt traitant de la forêt urbaine et de la gestion de tous ces petits espaces si modestes mais si importants pour la société, la biodiversité, ou la gestion durable, ce moment d’émerveillement et de grâce se produit, il faut savoir s’arrêter et juste admirer…

 

Ce fut le cas hier ou d’un coup, le ciel s’est déchiré et sous les gouttes de pluie est venue dessiné deux arcs-en-ciel magiques et complets… Annecy mis en valeur, le mont Veyrier révélé, des nuages déchirés, un ciel éclairé, un tout petit coin de nature, une modeste forêt sont devenues ce jour-là le plus beau des points des vues…

 

Et cela tend à prouver que derrière la pluie, ou des nuages gris, se cachent des trésors, que dans les difficultés d’aujourd’hui se cachent parfois les merveilles de demain, qu’une toute petite forêt peut receler des miracles et qu’elle mérite bien autant attention (si ce n’est beaucoup plus) que le plus grand des massifs…

A trop vouloir penser, maîtriser, calculer, on n’en oublie parfois tous ces petits espaces réputés moins rentables, on en oublie aussi tout ce qui fait la beauté du métier de forestier et ces instants de grâce vécus dans la nature où tout est oublié et où l’instant vécu devient juste un présent…

 

Un groupe de BTSA GF 1ère année aura vécu cela, je pense qu’ils s’en souviendront, mais au-delà des images en retiendront la leçon. Une leçon philosophique, une leçon de vie peut-être, une leçon forestière sur ces petits espaces et ces forêts urbaines… Et s’ils n’en retiennent rien, qu’ils s’en réjouissent tout de même car autour d’un gâteau partagé juste après (merci Maxime), ils auront juste vécu un très joli moment.   Et s’ils n’en retiennent rien, qu’ils n’en n’oublient surtout jamais de juste s’émerveiller et de rêver encore quand ils vont en forêt.

 

Quant à l’autre groupe passé plus tôt, qu’il se rassure, ces moments sont parfois absents mais parfois, ils subviennent souvent… en tout cas, les voilà, toujours imprévus, s’offrant à celui qui ne les attends pas mais juste qui sort souvent et qui se rappelant le début comme ces propres racines, respectent la nature autant que s’en émerveillent…

 

Sylvestre VERNIER, pour le BTSA GF temps plein…, janvier 2019