Les BTSA Gestion Forestière

s'intéressent à l'exploitation des forêts de montagne et à la diversité du métier de technicien forestier

Spécificité à l'ISETA de par sa position géographique mais aussi de part une volonté de l'équipe pédagogique, le BTSA Gestion Forestière se veut très diversifiée, entre des forêts de plaine "classique" et des forêts de montagne plus complexe. Pourquoi ? D'abord et avant tout parce que cette diversité est typique des paysages Rhône-alpins. Ensuite, parce que les forêts de montagne sont par exemple parmi les plus difficiles à gérer. Et lorsque l'on s'est gérée des forêts difficiles, alors il n'y aucun problème à s'adapter à des forêts où les contraintes sont moins grandes. 

 

Pour former les étudiants à cette gestion diverse des différents types de forêts et en particulier des forêts de montagne, les sorties sont nombreuses et abordent toutes les spécificités de ces dernières : le problème du morcellement ou de la desserte, l'intérêt d'une gestion par massif et à l'aide des chartes forestières de territoire, la multifonctionnalité et la conciliation entre activités touristiques et forêt, le rôle de protection contre les risques naturels particulier à ces forêts…

 

Durant le mois de février, c'est lors d'une sortie aux côtés d'anciens élèves, désormais technicien forestier à la Chambre d'agriculture, que les étudiants ont pu percevoir une nouvelle facette de ces forêts de montagne : les difficultés de gestion et d'exploitation de la forêt. A St-Jean d'Aulp, ils ont pu prendre conscience des problèmes concrets que pose le morcellement de la forêt, ici avec un chantier de 13 ha assis sur 30 parcelles cadastrales appartenant à plus de 100 propriétaires. Recherches de propriétaires, délimitation, réunions publiques, explication de la démarche ont ici été obligatoires pour pouvoir réaliser le chantier.

 

Dans un deuxième temps, il a fallu mettre en œuvre le chantier, à commencer par le marquage des bois à couper, martelage que les élèves ont pu observer et qui leur a été expliqué. Troisième étape, l'exploitation proprement dite, effectué ici par l'entreprise Transport Aérien de Bois sous couvert de la Coforêt. L'occasion pour tous les étudiants d'observer un chantier de débardage par câble, et d'en apprendre plus sur cette technique de sortie des bois, sur ses atouts, sur ses contraintes et de discuter avec le câbliste.

 

Au travers de cette découverte d'un chantier exemplaire donc et preuve qu'avec de la volonté et des moyens, il est possible de gérer la forêt même dans des cas complexes, mais au travers aussi de la découverte du rôle de la Chambre d'agriculture, la matinée fut riche d'enseignants pour les élèves de 1ère et de 2ème année.

 

Quant à l'après-midi, elle fut l'occasion de découvrir complètement autre chose, preuve de la diversité du métier de forestier, un espace unique et protégé appartenant au conservatoire du littoral et classé Natura 2000, mais dont la gestion est assurée par l'ONF : la buxaie du domaine de Guidou à Sciez-les-Bains. Forêt particulière de buis avec des buis de plus de 20 cm de diamètre, habitat naturel particulier, ici, le but est de conserver cet habitat unique, de mesurer l'intérêt de l'habitat au niveau de sa richesse en biodiversité, de sécuriser l'accès du public dans cette zone…

 

Bref, une journée qui, une nouvelle fois, a permis aux élèves d'être confronter à la réalité du terrain et à toute la diversité du métier de technicien forestier. Mais n'est-ce pas là justement ce qui en fait sa richesse.  

 

Rédaction et photos : Sylvestre VERNIER