Jacques Morel nous raconte la Norvège ...

Des investissements pour produire de plus gros smolts

 

L’écloserie citée dans le précédent article va faire un bond technologique dans les deux ans. J’ai eu l’occasion d’assister à une partie d’une formation préparatoire destinée au personnel qui va devoir radicalement changer ses habitudes. Si l’entreprise a de très gros moyens pour investir et faire les R&D nécessaires, c’est sans doute la formation du personnel qui va représenter le challenge le plus important. J’ai pu remarquer l’esprit très ouvert de ces personnes à cette importante évolution avec un bon niveau de questionnement.

L’objectif est de passer en circuit recirculé afin de multiplier le nombre de smolts produits par 7 mais aussi de produire des smolts de la plus grosse taille pour limiter le temps passé en mer et de ce fait l’exposition aux poux de mer qui engendre des frais extrêmement importants comme nous le verrons dans un article suivant.

 

Le circuit recirculé sera à 11,5° ce qui correspond à l’optimum de croissance des smolts et permet aussi un bon fonctionnement du filtre bactérien. Par ailleurs la production de probiotiques par la flore bactérienne mise en place devrait améliorer la santé des poissons.

Cette phase de croissance accélérée sera complétée très probablement par une phase en eau de mer sur des bassins à terre. Là encore l’objectif est d’avoir des poissons les plus lourds et les plus résistants possible avant leur passage en mer. Ainsi un cycle d’élevage plus court en mer avec une moindre exposition aux poux de mer.

 

Je n’ai pas eu les objectifs de poids au transfert en mer. Le cycle actuel étant de 15 à 18 mois de mer à partir de smolts de 75g pour un poisson de 4,5 à 5 kg, on peut penser que le cycle futur sera de l’ordre d’une année ou à peine plus.

Cependant ce projet est tout à fait en phase avec la volonté affichée du gouvernement norvégien de doubler la production actuelle avec l’aide des systèmes recirculés. Ce système prévoira aussi le traitement des rejets émis à terre ce qui sera un mieux disant environnemental.

 

Ce projet rejoint bien les prévisions de la FAO qui indique un très fort développement des circuits fermés sous 15 ans ; ils devraient produire près de 30 à 40% de la production mondiale de poissons. Sans vouloir trop prêcher pour ma paroisse, de bonnes formations sont essentielles à cette évolution.